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Chaque année, je suis amené à vous dire que le budget a été difficile à établir, que cela serait encore plus pénible l’année suivante et que, sans des efforts importants et pas toujours indolores, la faillite était pratiquement assurée !
Cette année, je pense ne plus devoir vous tenir ce même langage !
Bien sûr, rien n’a été simple : la meilleure preuve, c’est que nous avons dû retarder notre session budgétaire de quelques mois mais, dans des conditions exceptionnelles, je songe aux problèmes posés par la TIC, présenter un budget dont le déficit ne représente même pas 1% de son total prouve non seulement que nos partenaires et nous sommes sur la bonne voie mais que les efforts entamés précédemment, et évidemment poursuivis et amplifiés, commencent à payer !
Un tel déficit budgétaire ferait d’ailleurs de nous les meilleurs élèves des critères de Maastricht !
Pouvons-nous cependant nous dire que nous avons atteint notre objectif, que nous pouvons enfin respirer et repartir sereins comme si rien ne s’était passé ?
Certainement pas !
Certes, nous avons atteint une partie de notre objectif mais si nous relâchons notre vigilance, nous risquerions de retomber dans travers du passé – car il y en a eu - sans compter que bien malin celui qui peut prévoir quel nouveau coup fourré nous réserve la Région wallonne !
Nous devons poursuivre nos efforts budgétaires (rigueurs, diminution des subsides aux ASBL, diminution des frais de représentation et de déplacements, vente d’immeubles inoccupés, inutiles ou superfétatoires,…) tout en ménageant au maximum le personnel provincial mais en respectant ce qui a été décidé et en appliquant notre plan stratégique.
Le moindre dérapage pourrait nous coûter cher ! Ne l’oublions surtout pas …
Toutes ces mesures doivent évidemment se faire en étroite collaboration avec le Greffier provincial que nous devons considérer comme un confesseur ou un directeur de conscience pour l’ensemble des services qui, tout à tour, on dû passer au confessionnal !
Notre volonté tourne autour de trois mots clés : supra-communalité, déconcentration et initiatives provinciales.
Dans le cadre de l’aide aux communes, il s’agit en effet de rendre un maximum de services à celles qui, dans certains domaines, se révèlent peu compétentes ou manquent de moyens et de personnel qualifié : activités sportives et culturelles pour les jeunes, cartographie et autres par HIT, partenariats économiques grâce à Hainaut Développement (rappel : questionnaire transmis par cette institution à l’ensemble des communes hainuyères)…
En ce qui concerne la déconcentration, une des pistes à explorer serait être celle de devenir un service déconcentré de la Région wallonne ou de la Communauté française, cela existe déjà et pourrait être profitable pour nos budgets respectifs.
Enfin, nous ne devons pas répondre à des besoins généraux, d’autres niveaux de pouvoir sont là pour cela, mais nos spécificités locales comme l’enseignement et les personnes handicapées, comme le Luxembourg le fait pour les hôpitaux.
Comme d’habitude, je remercierai les services du Greffe et ceux du Receveur provincial pour la quantité et, surtout, la qualité du travail fourni : un grand merci à eux tous!
Vous ne vous étonnez pas si je vous signale que, comme son partenaire PS, j’imagine, le Groupe MR votera bien évidemment le budget 2011.
Je ne voudrais cependant pas terminer sans vous faire un aveu et vous dire que j’ai toujours beaucoup apprécié les fables de notre bon Jean de La Fontaine.
Cela provient sans doute de leur allusion implicite aux jeux du pouvoir, comme le faisait déjà Esope dans la Grèce antique.
L’une d’entre elles me revient en mémoire et son parallélisme avec notre situation saute immanquablement aux yeux : « Les animaux malades de la peste ».
Rassurez-vous, je ne vais pas vous la lire mais seulement vous en livrer quelques extraits que, très modestement, je me suis permis de modifier !
« Un mal qui répand maintenant la terreur,
Mal que la Constitution à sa naissance
Inventa pour garantir l’unité,
Les Provinces (puisqu’il faut les appeler par leur nom)
Capables de rendre service à la population,
Faisaient maintenant mal à certains élus wallons.
Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés.
La Région wallonne tint conseil et dit : Mes chers amis,
Je crois que la Constitution a permis
Pour nos péchés cette infortune.
Impétueux, un Ministre s’exclama :
Pour moi, satisfaisant les appétits gloutons,
J’ai dévoré force moutons,
Et récupéré moultes euros,
Pour combler trous de nos budgets,
Ainsi que profonds trous de routes et d’autoroutes.
Cher Ministre, dirent les Députés, vous êtes trop bon roi,
Vos scrupules font voir trop de délicatesse,
Et bien, manger Députés et Conseillers provinciaux, sotte espèces,
Est-ce un péché ? Non, Non …
Ainsi dire les Députés et flatteurs d’applaudir.
Le Hainaut vint à son tour et dit ; j’ai souvenance
Qu’au gré des décennies,
L’intérêt de chacun de mes concitoyens,
Quelque diable aussi me poussant,
Je fis pour un mieux et selon mes moyens.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots, on cria haro sur le baudet.
Des Députés, orange ou verts, je ne sais plus très bien
Prouvèrent par leur harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout le mal.
Aider les citoyens, quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable,
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Que vous soyez puissant ou misérable,
Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir.
Je les entends déjà, ces nouveaux adeptes de Tartuffe, dans leur acharnement, à poursuivre leur idée fixe, s’exclamer, à la manière de Caton l’Ancien, non pas « Delanda carthago » mais « Delanda Provincia, Delanda Provincia » !
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